Bon, je reviens aux affaires, j'en ai un peu marre de me branler le mou tout seul.
Alors voilà-t-y pas qu’un jour, à Vételgeuse, le gars Présidou s’en veut partir en vacances. L’a le droit, comme tout le monde libre, à profiter un peu du gnaf mis de côté péniblement chaque jour que Dios fait exprès pour lui, l’Élu du peuple. Bon, où aller ? se demande-t-il en son for intérieur. Et pourquoi-t-y pas Cuba, c’est des potos que même s’ils sont en train de quitter le monde merveilleux de la Révolutióóónnn à grandes enjambées d’échassiers échaudés par l’échec multilatéral du socialisme étatique, c’est toujours mieux que des capitalos pétés de devises qui nous narguent les dollars depuis leur balcon noir de la maison blanche. Pas comme ici, heureusement qu'on a nos précieux monopoly-or pour soutenir l’économie disneylarde qui assure plus d’équité dans le monde, si-si, j’t’assure.
Bon, alors s’en va pour Cuba, notre Mufti national, et là, stupeur et tremblottements, kèss qui s’en rend pas compte en allant à la médicatura pour un cht’it rhume attrapé dans l’avion ? Que merde ! bordel, ça yoyotte du côté pelvien de la force révolutionnaire, du scrotum socialisant et de la prostate rebelle. Ici, tite digressoche pour soulever que c’est-y pas beau, cette merveilleuse médecine que quand tu t’en vas consulter les amigdales elle t’en sonde jusqu’au croupion ? Moi je trouve ça sublime... Sans déc.
Bref. Le Chef Éclairé, videmment, s’est pas laissé abattre. Ni une ni deux, se fait tronçonner les glandes à t’en lacrimer le bon peuple ébaubi par tant de scélératesse impérialiste – c’est sûrement à cause d’eux tout ça, pas foto ! Et les bouseux, si tristes, de lancer séance tenante une magnifique cadena nacional de soutien financier histoire que tous les heureux bénéficiaires de l’inflation, des pénuries et de l’insécurité mettent la main à la pâte pour sauver leur Lider Illuminado – qui a déjà de la chance, lui, parce que nous, de la lumière, on n’en a pas des masses, mais je radotte, je sais.
Se fait donc opérer, le Gros qui Fâche, et même plusieurs fois, par les ténors du barreau de chaise estampillé habana, se fait une petite convalescence pour la forme, histoire qu’y soit pas allé jusque là-bas pour rien, et retourne at home frais comme un lardon fraîchement rafistolé à la ficelle à rosbif. Là-bas, pour dire, il a eu les meilleurs opérationnistes du monde (on susurre dans les chiottes que des étrangers seraient venus de l’étranger pour renforcer le staff local, mais faut pas le dire ça fait pas assez volibarien), les meilleurs médocs du monde, le meilleur matos du monde et la meilleure convalescence du monde. Ça valait donc amplement le détour.
Surtout que c’était pas prévu au programme, ce petit circuit santé, car chacun sait bien qu’on découvre toujours son cancer par hasard quand on part en vacances sur une île de rêve réputée pour sa médecine socialiste et que de toute façon si d’horribles journaleux s’en étaient pas mêlés il allait le dire à la foule, sois-en certain, plutôt que de faire sa petite affaire discretos là-bas en faisant croire qu’il allait juste serrer la pince au Castré de service.
En concluse, mes bonnes ouailles, je dirais que vaut mieux s’appeler Ludo Vachez et avoir de bons copains dans les Caraïbes pour soigner son cancer que d’être affublé d’un patronyme genre Luis-Carlos Duglandos et de faire la queue à l’hôpital volibarien du coin dans la fournaise dès trois heures du mat pour être sûr de passer avant la fermeture et de surtout bien prendre sa famille, sa bouffe et sa valise de sparades avec soi pour être sûr de manquer de rien. Comme quoi, le paradis, même révolutionnaire, n’est pas le même pour tout le monde…
Et l’autre leçon à retenir précieusement, mes braves, c’est qu’il est sacrément fidèle en amitié, notre Sachem, passque plutôt que de risquer blesser son grand ami casquetté vert-de gris en lui empruntant, par exemple, ses toubibs et son matos dans son avion présidentiel pour se faire soigner à Vételgeuse, histoire de montrer à son peuple qu’il est solidaire de leur merdasse, même avec les moyens d’un autre, il a préféré tout faire sur place. Et du coup l'a préféré lancer à ses administrés, par la métaphore, tu comprends bien: votre merde volibarienne, les gars, elle est assez bonne pour vous, mais vous pouvez vous la carrer dans l’oignon, moi j'me tire me dégondoler la rate à l’autre bout des Antilles… En d'autre termes, me faites pas chier avec ces sous-produits de fausses couches de toubibs locaux et leur matériel foireux que je m'escrime à leur fournir depuis douze piges, moi j'ai d'autres moyens et, partant, d'autres ambitions. Tu captes le message subliminal ? Ben t'es bien le seul ! Passqu'ici, ils trouvent tous que Mon Dieu comme c'est triste notre Chef à tête d'Indio a risqué le pire et qu'est-ce qu'on va devenir sans lui, plus personne pour nous couper le jus à toute heure du jour et de la nuit ? Et les sans-foi qui critiquent... Qu'ils apprennent pour leur gouverne, les salauds, que c’est pour mieux servir la Cause, évidemment, qu'il a fait comme il a fait, alors l’honneur est sauf.
Et moi, pendant ce temps-là ? Ben rien. Je regarde tout ça d’un air crevard et m’en envoie une bonne juteuse de temps en temps, histoire de garder le mécanisme prostatique en état de marche.
Et ce sera tout pour aujourd’hui, bande de petits cuistres. Robert.

1 commentaires:
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