Là, si tu sais pas – pourtant c'est pas les blogs d'exégètes sur la question qui manquent dans le paysage –, c'était les élections législatives le week-end dernier à Vételgeuse. Je vais pas te farcir l'oignon d'analyses aussi abstruses que gonflantes, juste te brosser la carlingue de l'extérieur, tu pigeras mieux pourquoi je me fends comme un bossu.
Lors donc, ici, au pays, l'Opposition n'avait pas droit de cité au Parlement, cause un boycott du Grand Mufti qu'elle avait ourdi en pensant sûrement que ça allait le freiner sur sa lancée. Mauvais calcul. Et pas trop malinois, les glandus, à jouer au chat et à la souris, vu que ça a donné les coudées franches au Dirlo Général pour jouer de la révolutionnade sans la moindre contestation à l'horizon. Mais enfin bref, on va pas refaire l'histoire, surtout qu'on s'en tamponne les roustons à grands coups de cornet à piston.
Dimanche dernier, les blattes amorphes de Vételgeuse se sont donc rendues aux urnes pour voter comme des humains normaux, et accessoirement choisir les empafés qui allaient poser leurs culs mielleux sur les fauteuils à bascule du Parlement. Au final, et toute rigolade mise à part sur les éventuels frelatages de bulletins, le pouvoir en place et l'opposition sont arrivés au coude à coude sur le nombre total de voix obtenues. En revanche, question sièges de décideurs, le Parti national s'en gauffre moins de cent sur les 165 à dispo, ce qui est nettement moins bien qu'avant (sans l'Opposition c'était fastoche, faut suivre) et surtout insuffisant pour pouvoir manipuler le Pays sans avoir de compte à rendre à ceux de l'autre bord – pour ça l'en fallait 110, on est loin du compte.
En clair, et quoi qu'en disent les adeptes de la Sainte Religion Volibarienne, c'est la déconfiture révolutionnaire, la débandade du slibar à cul rouge... faudra revoir les copies les mecs, on dirait qu'y en a qui sont plus trop d'accord sur la marque de vaseloche employée depuis douze ans... Tiens, si on avait eu les présidentielles, à la place des législatouilles, le Sachem aurait bien pu y laisser son falzar, pour le coup...
Ce qui est marrant tout plein, vu de l'extérieur des urnes, c'est que cent mille petites voix d'écart entre les deux blocs donnent plus de trente sièges d'avance au Parti du Chef... Alors on s'interroge, normal, on se demande comment ça se fait-y donc autant d'écart entre le nombre d'élus et de votants, même si le découpage électoral n'est pas aussi simplissime que, grosso-merdo, nombre de votants divisé par nombre de sièges, y doit quand même bien y avoir quelque part un ratio qui s'en rapproche un tantinet, pas vrai?
Alors là où je t'explique, on est en conférence de presse post-hostilités, et des journaleux à bave de crapaud se sont posé la même question. Comment c'est-y donc possible, ô Grand Moghol à tête d'Indio obézifiant ? C'est-y à dire qu'y aurait eu manipulations frauduleuses au Pays de l'honnêteté populiste ? Me dites pas que c'est pas vrai !!! Tiens, la donzelle, là, pour Radio Shadok Internationale, te pose la même question... Et qu'est-ce t'y dis ? T'y réponds quoi... comment c'est-y possible, tout ça ?
Évidemment, pour rester dans des exemples qu'on connaît, des Juppé, Lecanuet, Chirac, Fabius, Sarko Ier, Pasqua, j'en passe des verts et des pas mûrs, te retourneraient la balle dans les laterines que ça ferait pas un pli: «Comment quoi ? mais c'est facile, ma bonne dame, tu sais bien que ceci-cela et que comme-ci comme-ça, et que voili-voilà...» Dans la dentelle jusqu'au trognon... sourire lait condensé aux babines et mains bien à plat sur la table. On en a vu d'autres, mectonne, et les menteries, même échelon national, ça nous connaît...
Là faut dire que si y'a bien un truc, chez les politicards, c'est qu'ils ont le talent chevillé à la baveuse façon camelot cocaïnomane, si tu vois... ça forfante, ça manipule, ça bidouille en toute intelligence comme des serpents à sonnette dans un panier de crabes, ces bestiaux-là. Tout dans le crachoir et rien dans les poches... Te refileraient des encyclopédies en braille à des boxeurs manchots, les gonzes... Agiles comme des mille-pattes funambulistes et aussi retors qu'un bataillon d'Inuits en mal de phoque séché.
Tu penses bien, dans ces conditions, que la cause était entendue... Je t'en réponds dans les dents une bien sirupeuse et en voiture Simone pour ta rédaction à nous pondre sagement ton papier-cul en mordillant ton crayon, et si t'as de la peine t'a qu'à recopier le communiqué officiel, c'est encore plus clair comme ça... Et pour les règles du découpage électoral, demande à Machin du bureau des règles, y saura bien t'expliquer toutes les nuances qui nous ont apporté la victoire malgré qu'on l'a eu dans le fion...
Ben là, tu me croiras si tu veux, mais non. Le Gros qui fâche l'a rien su répondre. Rien de rien. C'était pourtant facile, l'avait qu'à s'étendre manière goal-average du mondial, quand l'équipe qu'a perdu 3 matches sur 4 est qualifiée quand même au tour suivant passque c'est les règles... Mais l'a pas su, Pauvre Mufti. L'a pas pu. Seulement l'insulte et l'opprobre – normal quand on déstabilise l'animal à sang chaud en plein public –, le mépris dénigrant qui cache maladroitement la morve qui pend du nez jusque sur les papelards parkinsonnisant entre les mains fébriles... «Tu bosses pour quel canard boiteux, salope ? T'as fait tes classes où, garce vendue aux troupeaux de l'Impérialisme ? Tu veux un café, morue ? Une main dans ta face, raclure de chiottes turcs dans un asile de constipés ?»
Bon, je vais pas m'étendre sur la dauberie faisandée estampillée volibarienne et plutôt te laisser juger par toi-même, curieux du bulbe comme j'te sais, mais je concluse quand même: comme on a les tenants du pouvoir qu'on mérite, bien normal, pas étonnant que le Grand Illuminé paraisse tout soudain aussi lâche, veule, méprisant et incompétent que n'importe quelle savate autochtone... On le savait déjà, mais à regarder dans le poste c'est encore plus poilant:
Et pour terminer en forme d'apophtegme libidino-scabreux, je dirais que comme la fouille-merde qui a levé le voile sur les pratiques électorales du Timonnier n'a certainement plus beaucoup d'avenir au palais présidentiel, voire plus d'avenir tout court, elle ferait mieux de faire comme ses congénères et persifler du string en tripotant des paires de burnes plutôt que des chiffres à la mords-moi l'nœud...
Et ce sera tout pour aujourd'hui. Robert.

0 commentaires:
Enregistrer un commentaire