L’école, c’est bien. C’est là qu’on apprend la vie, toutes ces merveilleuses combines, utiles et nécessaires, ce bricolage que l’être humain se transmet précieusement de génération en génération, pour toujours avancer, pour aller plus loin, toujours plus loin Coco.
C’est donc là que les petites larves autochtones apprennent à devenir de grosses blattes flemmardières, si on parle de Vételgeuse. C’est ici, entre autres, que les petits singes élevés au Canada Dry (ça ressemble aux vrais mais c’est que du xérox qui se donne des airs) et à l’empanada graisseuse apprennent à devenir si polis, si curieux, si bien éduqués, si développés du bulbe, si instruits que ça filerait des complexes à un agrégé de philologie grec-latin de par chez nous.
Or donc le Grand Sachem, notre Guide à tous, dans son infinie clairvoyance, il a tout compris comment c’était important de les prendre au berceau, les futurs glandus révolutionnaires, et il a décidé d’attaquer sec les fauteurs d’impérialisme qui se planquent malhonnêtement dans les salles de cours et viennent foutre leur bordel anti-Patron dans ces beaux petits cervelets en plein sous-développement.
Y’a pas longtemps, il a donc ordonné, le Chef Suprême, que dorénavant les profs et leurs calembredaines allaient être surveillés de près par les édiles du peuple, voir si tout est bien conforme avec la merveilleuse politique du gouvernement volibarien, si tout ce qui est dit et enseigné aux précieuses ouailles feignardeuses est juste et sage et intelligent et présido-compatible. Après analyse, on gardera les bons sujets et ont coupera les couilles aux mauvais – si c’est des greules, on les fist-fuckera, ça les fera réfléchir.
C’est pas de la censure, te méprends pas, ni du lavage de cerveau – on n’est ni à Cuba, ni en URSS, ni en Chine maoiste, charies pas –, c’est de la salubrité publique, de la générosité désintéressée pour assurer des lendemains qui chanteront à tue-tête pour longtemps encore le reggaeton faisandé dont a besoin le pueblo pour se sentir exister.
Alors laut’jour, tu sais, je t’ai causé de ma bonne copine qu’a pas peur de laisser crapahuter ses niards à l’école volibarienne du quartier, y’avait donc une réunion dont je t’ai déjà parlé et que si tu suivais un chouïa tu viendrais pas me demander. Et à cette réunion, à part les billevesées dengo-chipo-diaporisées sur grand écran, y’avait aussi la sélection des futurs réviseurs pueblesques qui vont devoir surveiller de près les dispenseurs du savoir scolaire aux merdailleux.
À l’école susdite, il en faut douze, des superviseurs. C’est eux qui vont évaluer les instit's, dire s’ils sont bien ou pas bien, s’ils faut les garder ou les virer, les sanctionner ou les graduer. On a donc choisi deux feignassieux parmi les deux parents d’élèves qui avaient fait le déplacement – les autres ce sera pour plus tard, après tout on n’est pas aux pièces.
Je te fais donc pas un dessin, je vois que t’as pigé. Douze gars sortis du pueblo de la rue vont donc évaluer les instit's de leurs crassouilleux, dont l’activité principale consiste à traînasser à poil dans la rue et certainement pas à aller s'emmerder en classe plus d’une ou deux matinées par mois. Tu vois donc s’y sont concernés, les chiotteux... et capables, aussi. Passque sans être mauvaise langue, bien que ce soit assez dans mon style, je reconnais, faut avouer un truc: ma copine elle m’a dit, sur les douzes clampins, je sais pas vraiment combien savent même lire ou écrire, vu le niveau général d'instruction moyen atteint dans le quartier... Quand tu vois les taches que c’est, les gugusses, ma copine elle m’a dit, t’as plus qu’une envie, c’est de descendre les Niagara en matelas de plage pour oublier tout ça.
Alors bon, faut dire qu’elle en rajoute sûrement, la copinasse, parce que sincèrement, franchement, sans finasser, tant qu’ils continuent d’apprendre les bonnes vieilles bases classiques du savoir autochtone, les niards, y’a pas vraiment péril en la demeure, évaluation des profs ou pas. Pour les gars, comment sauter le portail de ta cahute pour en sonder les richesses esseulées qui ne demandent qu’à changer de proprio, et pour les filles, tortiller du cul au rythme endiablé d’une soupe latina, de préférence sous le nez d’un Gringo au larfeuille bien gonflé, c’est toujours mieux pour assurer la solidité du cursus.
Tiens, au hasard... viens donc chez Papa Robert, donzelle, je t’en collerai pour jusqu’à ta majorité !
Tiens, au hasard... viens donc chez Papa Robert, donzelle, je t’en collerai pour jusqu’à ta majorité !
Bonjour chez toi, Robby.

1 commentaires:
Jaja, c'est le Muppet Show ce pays! merci pour les anecdotes!
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