jeudi 10 juin 2010

Le paradis artificiel (3-ter)

Là je sors de ma torpeur villégiaturesque. Léthargie au vestiaire et t’entreprends, entre deux pontages amérindiens, verve collée au slip façon soudard aviné à la porte du clandé.
On disait donc: dix ans de bonheur sur terre, l’ai déjà précisé, mais j’y reviens passque je suis d’un naturel borné et qu’en ce moment y’a une grimpée d’encapuchonneries socialisantes que ça en vaut son pesant d’empanadas farcies à l’huile saturée. Mais c’est pour y mettre le point d’orgue, que j’y reviens… constat final pour bonne mesure, qu’après juré j’en causerai pas plus que de ma vieille tante et de sa chasse d’eau détraquée que chaque fois qu’on allait aux gogues on repartait à la nage pour chercher une serpillère qui nous servait pendant une semaine à éponger le carrelage inondé.

Au menu, les pannes de courant… manquent pas d’illuminer nos paradisantes soirées volibariennes, bougresses. Le Grand Mufti, pour dire, l’a pas mégoté à la demi-mesure branlatoire… faut de la couille au cul que sinon c’est pas la peine de s’être auto-élu à vie. Alors voilà-t-y que maintenant c’est tout à fait officiel: les coupures de courant sont bonnes pour le pays, pour le moral et pour la santé. C’est le Chef qui l’a dit. Donc plan de rationnement aussi salvateur que sympathique. Et comme faut de la solidarité, c’est le moins qu’on puisse faire dans une auge ripolinée aux couleurs de la Rééévolucióóón, c’est à nivel nacional que ça se passe. Chaque bribe de village se doit de cracher au bassinet et d’aller chier dans le noir durant quelques heures chaque deux ou trois jours. Et comme c’est juste, tu vois, ceux qu’ont trop banquent pour ceux qu’ont pas assez. On est altruiste où on ne l’est pas, foi de prolétaire envaseliné !
Moi, comme j’ai toujours la baveuse tendance ophidienne que c’en est déprimant pour ceux qui croient encore au père Santa-Klaus, j’me dis à part moi, en mon for intérieur, en catimini, loucedé, comme tu veux mais en apparté bien discretos because j’évite de me faire coller au gniouf – on en a sortis pour moins que ça –, qu’en dix piges, pas moins, l’aurait bien pu renouveler ses pilônes à kilo-méga-giga-waters, le cuistre, non ? Réviser un peu le bastringue avant de forcer à la restreinte… me paraît logique, comme procède, t’y vas pas ?
Alors on me dit, les ceusses qu’ont toujours l’excuse socialoche pendue à la lorgnette, que c’est tout la faute à la sécheresse si y’a plus d’eau dans le réservoir naturel qu’alimente les pompes à jus. Là j’évite de goîtrer que dans ce cas c’est gracias a Dios, s’il pleut plus depuis quasi deux piges… y z’aiment pas qu’on leur rappelle l’iniquité de leur gros patapouf barbu qui veille sur eux jour et nuit que si c’était pas le cas tu verrais la mélasse dans laquelle ils pataugeraient...
Or donc, si c’est point la faute à l’Empapaouté qui trône au milieu de ses cumulo-nimbus bouchés de l’écluse, à qui s’est-y la faute? Passque si le Grand Sachem voulait pas jouer de la clef à molette pour réparer les mauvais circuits, j’entrave, j’aime pas non plus le cambouis, l’aurait pu au minima diversifier un chouïa les sources d’approvisionnement, le Dadais piqûré au gros rouge encubané… Me semble, suis pas sûr, pas omniscient ni rien, mais me semble qu’il y a quelques fleuvetons pas piqués des bachacos qui seraient ravis de balancer de la purée énergétique à tout le continent, si on leur demandait gentiment… Ça devrait le faire, crois pas ? Un bon coup d’Orinoco dans les trompes d’Eustaches, ça t’en réveillerait une sono reggaetonnisée aussi mieux qu’un pilône précolombien avachi par cent ans de solitude, me paraît. Mais non, l’a pas jugé nécessaire d’éparpiller ses billes, l’a pas pensé, l’a pas voulu, le Grand Nabab… Au final, rationner ce sera sûrement plus juteux, c’est ce qu’il a dû se dire. La preuve, il crachotte aujourd’hui que c’était une vraie réussite et qu’on va donc poursuivre sur cette lancée encore de longs mois volibariens. Oh joie ! m’en branle la prostate d’avance à grands coups de coccyx (t’ai pas dit mais chuis très souple)…
Alors avec le rationnement de luz, vient videmment un plan bien discipliné et bien huilé, faut ce qui faut m’sieurs dames, et je vais t’en dire un bout.

Donc tu vas sur Internet… tu vois pour ton village, ton quartier, ton trou à rat, tout est référencé t’inquiète. Là on te le dit bien droit dans le clavier: pour chez toi c’est lundi, mercredi et vendredi de 15 heures à 17 heures qu’il faudra te passer de courant. Noté. Pour une fois qu’ils préviennent, c’est toujours plus mieux qu’avant, ne râlons pas et c’est pour la bonne cause.
On est justement lundi 15 heures et je constate qu’ils la font à la schleue passque sont pile-poil à l’heure, les coupeurs de binious. Pis à 17 heures tapantes le jus revient. Chapeau bas, Messieurs, je vais arrêter d’avoiner des gars qui savent si bien jouer des manoilles ! Le mardi, je scrute les environs de 15 heures, et te le donne Émile: pas l’ombre d’une panne… Alors là c’est aussi beau qu’un coucher de soleil sur la mangrove enmazoutée par les plateformes pétrolières qu’on avait si bien entretenues qu’elles en ont coulé par trop d’endormissement. Mercredi 15 heures: panne, normal, prévu, c’est beau quand ça marche. Jeudi rien, et vendredi repanne, renormal. La vie suit son cours au pays du rationnement obligatoire et structuré pour le bien public. J’ai la larme tant c’est grandiose.
On commence donc à s’organiser, c’est quand même plus facile quand t’es prévenu à l’avance, que tu sais combien de temps faut rester assis sur tes chiottes avant de pouvoir à nouveau tirer la chasse. Donc samedi, super, rien à craindre, c’est marqué dans le plan, on va pouvoir relaxer toute la sainte journée à lorgner des DivX de cul en écoutant Jean Sablon à fond les bielles. Sur le coup de neuf heures du mat’, samedi donc, plus de clim… Tiens ? Ah que pourquoi ça ? Vérifions les interruptoches: plus de jus ! Bigre, comme ça se trouve… Une heure trente montre en main et coucou-revoiloù le courant. Dimanche on se réinquiétise un brin, et on a raison: plus de jus dès midi, et ça dure jusqu’à 15 heures.
Alors tu me connais, j’aime bien comprendre, le lundi morningue je trace sur Internet vérifier que le plan n’a pas été modifié pendant que je baquais le rosé dans l’évier. Faut dire qu’ils l’actualisent tous les deux ou trois jours, le plan. Mais là non, c’était valable du vendredi à toute la semaine suivante. Week-end inclus. Bon, visiblement le week-end n’était pas compris dans le prix, nous rev’là à la case départ.
Donc c’est ça. Depuis, je t’évite le dessin de la déconfiture abracadabrantesque, t’as pas un jour de panne qui correspond à la volonté affichée par les décideurs de coupures. C’est-y une heure, c’est-y trois plombes, c’est-y lundi, jeudi, dimanche, va chier y’a rien à voir… Mais t’as quand même de jolis programmes de coupures disciplinées publiés sur le ouèbe, ça fait propre sur soi au Grand Pays de la Révolucióóón ! Tiens, là comme je te parle, j’ai dû m’interrompre deux heures trente pour cause de plus d’électroche. Je sais, ça se voit pas, mais c’est comme je dis – et c’est la bécane, qu’est ravie, qu’on lui tire le fil au cul sans prévenir... un jour partira définitivement en sucette, la gueuse.
Toi, quand ça se passe, tu sais jamais si c’est les gars qui se prennent les pieds dans le hamac et foutent le programme à l’envers, ou s’y savent pas lire la page web, ou si s’en foutent des ordres du Patron, toujours est-il que tu te retrouves avec tes habituelles coupures imprévisibles qui pimentent l’atmosphère de ce petit-rien tropical qui dépayse, EN PLUS du rationnement nouveau implanté de main de maître par le Grand Manitou soi-même pour sauver le pays de la capilotade. Deux raisons au lieu d’une de ne pas avoir de courant ça t’assure des lendemains paradisiaques qui chantent aussi bon que Dalida, Chantal Goya, Petula Clark, Dorothée et Danièle Gilbert réunies.
Mais attention, faut pas que j’oublie de dire, avec le rationnement: le Grand Patron, dans son désir de bien faire tout proprement s’a rendu compte que si on travaillait trop, non seulement c’était mauvais pour le sang, qui risque de chauffer, mais aussi pour le pays… ça fait consommer trop d’électricité pour les ordinos, les imprimantes, les néons et les postes de télé. Donc il a dit, je te mens pas sur ce coup-là, il a dit que tous les fonctionnaires ne devaient plus travailler qu’à la demi-journée, comme quoi d’apporter son obole à la bonne marche des affaires. C’est-y pas beau… perfectionnisme incarné, désintéressement à faire couler une synapse à ma Fiat Uno asthmatique.
En concluse, accroche-toi à tes acoudoirs ça défrise le rachidien, au pays où la semaine habituelle de travail flirte avec les 12 heures en comptant les heures sups et les pauses-textos et ongles à repeindre, on n’a plus besoin de venir trimer l’après-midi… du mi-temps pour faire encore mieux qu’avant… et le peuple en redemande: t’as même plus besoin de te lever pour aller faire la queue, t’as qu’à attendre qu’elle passe sous ton balcon.
Bon, là j’ironise même plus, c’est pas la peine, t’as compris. Enfin j’espère pour toi. Pis sinon m’en fous jusqu’à l’os.

Ceci dit, qu’est-ce que j’suis salaud, quand même, avec ces pauvres bougres de décaféinés qui font ce qu’ils peuvent avec leurs petite mimines et leurs petites manettes… J’me ferais même penser au professeur Choron tant je suis bête et méchant ! La preuve, que j’suis salaud: le courant ils nous en mettent plus que prévu, donc y’a pas de quoi brailler comme un putois réactionnaire. En effet, depuis trois semaines, dans mon quartier, les lampadaires sont allumés jour et nuit... Donc nuit et JOUR, t’as suivi ? Même en plein midi, sous 80 degrés à l’ombre… Si c’est pas sympa, ça, pour compenser les pannes, je m’y connais plus ! Braves types, tout de même, ces révolutionnaires… Et si tu crois pas, je te montre:

Maintenant j’arrête avec le sujet, j’ai peur de devenir lourd, y’en a qu’aiment pas qu’on leur titille le clito à coup de vérités mal embouchées. Mais t’inquiète, comme je suis d’un naturel dispendieux je ne résiste pas en t’en refiler d’autres, des salaceries, et pour le même prix: causons donc des quelques combines qui sont aussi tellement mieux depuis dix piges, pis après j’arrêterai de godelurer mes calembredouilles politico-économiques pour en revenir à la bonne vieille gniole dantesque et quotidienne qui nous fait suer de rire sous le soleil.

Tout d’abord, la politique, justement. Y’aura bientôt des élections gouverneuses, à Vételgeuse, et qui s’annoncent premier choix, te dis même pas. Preuve, les observateurs étrangers qui d’habitude viennent lorgner si tout se passe correct au pays de la démocratie virtuelle, ils feront même pas le déplacement tellement qu’ils sont rassurés sur les bons offices du Saint-Père qui nous gouverne. C’est dire si la marge de manœuvre sera profitable à tout le monde… Ça c’est donc une nouvelle qui huilerait le fondement des hétéros les plus récalcitrants à l’enculage des masses. Or il faut bien dire que pour l’enculage y’a pas d’âge, d’autant que c’est excellent pour la santé: ça débouche la tuyauterie et ça muscle les sphincters.
La santé, autre sujet qui plaît, qu’a bien évolué ces dernières années, je me faisais justement la réflexion l’autre jour chez ma dentiste. M’aura pas fallu moins de cinq tentatives annulées au dernier moment par la greule pour obtenir le rencart... sait pas consulter son agenda à plus d’une plombe de distance, c’est atavique. Et pendant la séance de réjouissances odontologiques elle s’est pas levée plus de six fois pour approfondir le bout de gras avec des clients de passage qui font du forcingue, facilité par la lourde restée ouverte en permanence. Et s’est pas emparée de son cellulaire plus d’une dizaine de fois pour tchatcher, entre autres, avec une copine qui veut lui emprunter le DVD de Desperate, son mécano qui voulait passer ce soir prendre la thune pour acheter les pièces, le vigile de sa casbah qui se plaignait qu’il n’avait plus assez de gasole pour passer la tondeuse. Et moi la gueule ouverte la langue à l'air...
Donc tout baigne au rayon des soins à Vételgeuse, on est entre de bonnes mains, surtout que la mienne, de dentoche, c’est de la chère et bien dressée, études en Bochelande et mari Batave, pas de la feignasse locale élevée à la farine de maïs et formée à la fac municipale du quartier. Mais je dis ça… ça doit être bien aussi, la clinique dentaire volibarienne, y’a pas de raison…
Passque soyons honnête: l’éducation, là aussi, ça fait des progrès partout, même chez les vilains. Preuve: ma copine de palier, qu’a ses gosses à l’école publique et gratuite, m’a dit que les profs y étaient excellents, ils sont curieux de tout et cherchent sans cesse à s’informer. Elle est Frouzienne, la copine, et l’autre jour la maîtresse lui a demandé si c’était bien de l’angliche qu’on parlait en France… Comme quoi tu vois, on dit du mal des agrégés locaux, mais faudrait pas; ils ont été au moins huit ans à l’école depuis le début de leur scolarité, c’est dire !
Education, instruction, tout ça c’est du même tonneau et maintenant on n’a plus à se plaindre.
C’est qu’en dix ans, tu les vois les progrès… L’autre jour, pour dire, je vaque à travers une colline voisine de mon quartier, lorsque je vois par-terre, sur la route et tout autour, une bonne trentaine de sacs en toile éventrés d’où dépassaient des poules crevées. Toutes de la même couleur, blanc-beigeasse, le ventre gonflé et la tronche pas fraîche, sans même un corbeau aux alentours pour leur renifler le dergeot, indice net et précis que les bestiaux, à Vételgeuse, savent éviter les traquenards. Et les gars qu’ont balancé leurs outres de gallinacées faisandées aussi, puisqu’ils ont rendu à Dame Nature ce qui lui revenait de droit plutôt que de leur bouter le feu dans un coin tranquille histoire d’éviter la pandémie de grippe pouletteuse. Là tu peux tout essayer, avec tes poules, les emmener à Lourdes, faire ce que tu veux, t’obtiendras jamais la résurrection...
Idem pour le canasson dont la carcasse finit de cramer ses entrailles au soleil – tu vois l’ambiance sous la cuite et les mouches à merde – juste au bord de la route principale, que ça fait deux mois qu’on doit se boucher le nez pendant 100 mètres avant et 100 mètres après de le croiser si on veut pas finir aux urgences. Tu crois qu’ils l’auraient balancée un peu plus loin sous les feuillages, leur charogne ? Ou qu’une bonne âme lui aurait collé un peu de chaux sur la gueule ? Non mon pote, faut laisser faire le Bon Dieu !
Un peu plus bas sur la même route que les poules, et deux jours plus loin, je vois une tire renversée sur la chaussée, entièrement carbonisée et à l’envers, charbon et verre brisé plein l’asphalte. Pourrais même pas te dire qu’elle marque c’était. Les gars l’ont laissée bien en place, sur la motié de la route et en plein virage. C’était y’a un ou deux mois et elle y est toujours. Normal, la route est peu fréquentée et comme la tire vaut plus rien, le dépannage personne le remboursera... Tout à côté, y’a quelques grosses caillasses qui sont dégringolées de la montagne et qui errent au beau milieu du chemin. On ne les a pas ramassées non plus, ça se fait pas par ici, on a le respect des choses descendues du ciel, mais on les a peintes en blanc histoire de prévenir le quidam qu’arriverait trop vite et qui serait inattentif à force de surfer entre les sacs de poulets et la bagnole accidentée. Educatif, pas vrai ? Je te mets la version idyllique du paysage de Vételgeuse, que tu voies comme c'est beau (mais pas la bagnole, j'avais pas le photomaton sur moi):

L’autre jour, je croise mon pote Amilcar, électro-plombier de son état et qui loge dans ma rue. Pleurnicheries qu’il n’a ni fric ni boulot. Enfin, c’est surtout pour le fric, parce que le boulot ça le gêne pas trop de pas en avoir. Bon, je prends note. La semaine suivante j’ai un truc qui pète à la baraque, comme tous les quinze jours malgré soins attentionnés et changements de matos réguliers, et du coup j’appelle Amilcar que ça tombe bien j’ai du boulot pour lui c’est quand y veut, je paie rubis sur l’ongle et le plus vite sera le mieux. C’était en mars. Je l’attends toujours.
Mais pas trop grave, de pas bosser au pays de l’aumône. Suffit de tendre la palourde en direction du Guide National, il pourvoira. Tiens, l’autre jour, voilà pas que ma femme se pète la gueule en scooter et pneu troué bonne femme renversée. Je te raconte pas les détails de l’embrouille, peut-être une autre fois, mais l’anecdote scabreuse m’a donné l’occase de fréquenter un peigne-cul, chose que je ne fais pas assez souvent, je confesse. Là c’était because j’ai dû faire réparer le pneu à la caucheria qu’est pas très loin de chez nous, vu que le scooter était devenu paraplégique de l’avant.
Le réparateur de pneus, pour dire, l’a vraiment moins que rien. Sa boutique, c’est l’entrée de se cahute en torchis dans laquelle vivent sa grosse, sa vioque et ses chiards, une bonne douzaine de personnes pour un 15 mètres carrés en comptant l’avant-toit en tôle ondulée bien rouillasse. Son matos, avec quoi qu’il gagne sa croûte et celle de sa ribambelle de crevards, c’est trois démonte-pneus et une caisse en bois avec des griffes en ferraille pour fixer les pneus dessus. Pour galvaniser mon pneu foutu, l’a fixé une rustine à l’intérieur, et à l’extérieur de la colle ultraforte dans le trou sur lequel on mélange de la poudre de pneu récupérée à la râpe à fromage, ça fait une sorte de caoutchouc fondu que ça t’en vulcanise au moins jusqu’au lendemain si tu roules pas à plus de 0,25 km./heure.
Donc mon miséreux, j’en ai profité pour lui poser des questions constructives du genre que ça doit être sympa pour lui, maintenant qu’il a un Présidou qui fait dans le pauvrelat. Mais là y m’a dit non, tu sais, c’est seulement si tu fais de la politique. Sinon t’as rien. Moi j’en fais pas, tout ce que je veux c’est pouvoir faire manger ma famille, m'en branle de la politique. Je fais un bon boulot pour des prix moins chers qu’ailleurs, qu'on vienne pas m'emmerdasser avec des partis... Là j’apprécie l’humilité. Mais l’inflation qui double tous les mois, tu l’as dans la gueule comme tout le monde, mon bonhomme ! Diantre, voilà mes illusions qui s’écroulent… Alors comme ça, le Grand Chef ne ferait dans la dentelle que pour ceux qui votent pour lui et forniquent du socialisme sous la bannière de son Parti ? Là chuis comme Greg, j’y crois pas!
Passque question économie, sais plus si je t’ai déjà susurré de l’inflation galopante due à la crise et surtout pas aux erreurs du pilote extralucide qui nous gouverne avec son balais de chiottes en guise de guidon de vélo, mais les avocats à 56 brouzoufs le kilo – j’te parle d’un pays où ça pousse comme de la mauvaise herbe au bord des autoroutes – tomates à 32, oignons à 35, bref, plus cher qu’à Carrefour malgré le taux de change. Pénuries à la demande: plus d’huile, de beurre, de margarine, la farine fait défaut, la viande, le poisson, c’est quand t’as du bol au supermercado. Idem pour les pâtes, le café et le sucre. Bon, on se plaint pas, il reste les boîtes de thon, des miettes en forme de pâte à tartiner à l’odeur de boîte à chat, et la plus petite box te revient quand même à 2 ou 3 euros, tu fais le calcul.
L’économie… Les banques ont quasi toutes fermé pour cause de réquisition à main armée de la part de notre Grand Mufti et de sa clique, et ça va pas tarder avec la Polar, la méga entreprise qui alimente le pays en becquetance et en bière façon Nestlé ou Unilever, c’est-à-dire du Pepsi à la boîte de conserve, en passant par les surgelés et la mayo. Pas besoin de te dire que quand le Grand Machin aura (enfin) nationalisé cette saloperie de compagnie privée, ça va rigoler question distribution alimentaire au pays. Je sais plus où j’ai déjà vu ça, tu sais, la mainmise de l’État sur tous ce qui bouge… l’URSS, Cuba, chais plus trop, en tout cas un paradis non impérialiste où il fait bon faire ses courses le samedi matin sans déprimer ton porte-monnaie: y’a rien à claquer ! Ça a dû inspirer notre Chef, tout ce beau progrès à reculon, c’est bien connu que c’est dans les vieilles marmites qu’on fait la meilleure tambouille.
Part ça, le Gros qui Fâche, l’a aussi pourvu à une nécessité bien de chez nous: brider la gueule à tous ces emmanchés qui sapent le moral des troupes à coups de change au black. Faut dire que jusqu’à y’a pas longtemps, les saligauds qui voulaient s’intéresser à combien ils pouvaient retirer par la bande de brouzoufs contre leurs fumiassières devises n’avaient qu’à se balader le clavier sur les blogues experts en la matière et qui n’avaient aucun scrupule à enseigner les mauvaises manières aux contre-révolutionnaires. Tu savais tout soudain à combien le marché te renflouait ton gniaf. Une nécessité au pays du black power. Seulement le Guide Suprême l’a veillé au grain en plombant toute cette saloperie. Au moins que ça lui serve, de s’être auto-proclamé Grand Responsable des communications. Les ondes et les circuits sont à lui, t’as qu’à bien te tenir. Videmment, toi qui nous lit de ton bouge impérialiste tu peux pas savoir, pas croire, passque les pages en question toi tu les vois toujours, c’est ici que ça bride. Censure pour la bonne cause ! Rien de plus fastoche, maintenant que le monopole du Web est entre les mains du Grand Éclairé… Suffit de virer du réseau national les IP des blogues concernés. Reusement pour les qui marchent pas dans les clous, tu peux toujours aller sur Twitter et poser la question, des centaines de clampins malintentionnés viendront gazouiller pour ton problo. Pis sinon t’as les étrangers de Cúcuta ou d’ailleurs qui se font pas prier pour t’explicationner aussi. De toute façon, à la vitesse où s'encanaillent les dévaluations annuelles, on n'a pas vraiment le temps de s'apitoyer sur un taux de change quelconque...

Bon, voilà pour la quintessence du moment, le reste tu l’imagines ou tu le cauchemardises, ça marche aussi, tu tombes jamais très loin de la réalité. Parce que le vrai, par ici, l’est aussi mignon qu’un prépuce de révolutionnaire havanais non Castré. La meilleure des preuves, c'est encore les drôlesses qui ensemensent les rues de leurs soutifs galvanisés qui te l'offriront sur un plateau:



Allez, bonne bourre et à la proxima vez, Roberto.

2 commentaires:

Greg a dit…

coupaing merci encore pour le petit coup de pouce via lien interdimensionnel, mais là c'est plus la peine, ça fait 4 mois que j'ai barré du venez et je m'apprête à faire de mesme pour la bolivienerie ou jm'étais carré depuis.

d'ailleurs je t'invite à aller faire un tour chez les bolimassiens, jpeux t'assurer que niveau stupéfaction, grand muftin tout puissant fils spirituel de son prédécesseur urssien vladimir ilitch, nan sérieux, hugo l'est pas au niveau comparé aux planificateurs marxistes de Bolivie.

Bon et puis sinon toujours un grand plaisir de te lire, étonnamment, avec le recul, j'ai meme plus l'impression de lire un anti chaviste de base. Juste un beauf ex prolo qui aime les belles nanas et les belles plages.
j'vais meme pas te jeter la pierre, ce serait encore me conduire comme un petit bourgeois pseudo gauchiste qui sait tout sur tout. ce que j'espère avoir cessé d'etre dpuis le temps.

mais bon désolé, faudra te trouver une autre victime chavisto compatible, vu que moi j'ai abandonné le terrain depuis un bail. ce qui veut en aucun cas dire que j'ai renoncé à ma stupidité de croire dans "le glorieux et omnipotent processus révolutionnaire bolivarien". et le bolivien tout autant. c'est con mais le peu que j'y ai passé me donne suffisamment d'espoir pour 10 ans.

sur ce si t'es de passage à toulouse dans un retour fracassant dans notre belle frrance, fait signe, on ira prendre un verre e crachant sur la mairie et le conseil général. Ou le gouvernement, tant que c'est encore possible, au moins là bas.

a la rvoyure !

Robert Mérou a dit…

Et le rhum, coco! Gonzesses, soleil et picole... Faut ce qui faut!